Compagnons de Silence

9 octobre 2005 au 6 janvier 2006

Musée de l'Abbaye Sainte-Croix Les Sables d'Olonne, Vendée, France

Dédiée à Henry Simon

Association Les Amis d'Henry Simon

Ville des Sables d'Olonne
Musée de l'Abbaye Sainte-Croix

Articles de presse :

 

  • Article d'Olivier RENAULT dans Ouest-France Edition du Mans et de sa région le 20/12/05

  • Reportage France 3 - Journal régional des Pays de la Loire le 16/12/05.

  • Article de Bernard Géniès dans le Nouvel Observateur HEBDO N°2143 du 01/12/05

  • Article de Jean Robinet dans 7HEBDO (hebdomadaire du Républicain Lorrain) le 13/11/05

  • Article dans La Gazette de l'Hôtel Drouot le 11/11/05 (N°39)

  • Maville.com le 17/11/05

  • Article  de Renaud GARNIER dans Ouest-France le lundi 21/11/05. Cet article présente le livre dans la page Cultures de l'édition Ouest.

  • Site internet de la Ville des Sables d'Olonne

Venez voir les dessins de captivité, réalisés par Henry Simon au Stalag IB pendant qu'il était prisonnier durant la seconde guerre mondiale, au Musée de l'Abbaye Sainte Croix aux Sables d'Olonne - Vendée - France.

 

Les Sables d'Olonne - Octobre 2005

 

En 1965, à Nantes, Henry Simon et son frère André, présentent Compagnons de silence, album inédit de vingt planches aquarellées complété d'un texte, souvenir troublant d'une captivité au sein d'un stalag (camp de prisonniers de guerre). Henry est peintre, formé à Paris, ami de Jean Launois qui l'initie à la gouache. André est professeur d'anglais, traducteur, poète. Tous deux aiment leur Marais vendéen, le Pays de Monts. La captivité est une rupture, un enseignement vécu par deux hommes profondément croyants, récemment baptisés.

 

 

 

« Je n'ai pas voulu peindre que la vie intérieure : c'est pourquoi j'ai détaché tout ce qui est anecdotique. Tous les détails pittoresques peuvent être présentés par tous : pour les artistes, la seule expérience intéressante, c'était d'assimiler, d'interpréter la souffrance. Dans ce cas, on vit sur les hauteurs : on cherche et on obtient l'évasion par l'esprit. C'est la chance de certains ; ils ne s'ennuient pas... » déclare alors Henry Simon.

 

 

 

Celui-ci est prisonnier pendant plus d'une année dans le stalag IB-Hohenstein, en Prusse orientale, à une bonne centaine de kilomètres de l'Union Soviétique.

 

Dans la baraque 42, avec une équipe de peintres, de graveurs et d'architectes, les « Barbouilleurs », il bénéficie quelque temps d'une relative liberté pour aquareller et dessiner. Rapidement, les gardiens vont retirer les couleurs, le papier... Il faudra continuer avec des moyens de fortune, bouts d'emballage, papiers alimentaires arrachés aux cuisines, pelures...

 

 

 

Compagnons de silence est une collection de portraits, témoignage sur la vie d'un camp de prisonniers, sans fausse pudeur, sans complaisance. Henry Simon, un artiste au trait classique, dessinateur mâtiné d'expressionnisme, compose une galerie de gueux : à la mine de plomb, des visages diaphanes réduits à quelques lignes, aux yeux agrandis par la faim. Il y a aussi des aquarelles, des gouaches qui retracent la vie ordinaire du camp : l'épouillage, la désinfection, la toilette, la conversation dans les tinettes, la distribution du courrier, les repas frugaux pris dans les blocks entre les châlits, les rassemblements... Simon montre cela avec des couleurs et un style étonnamment vifs, comme en se jouant de son propre désespoir. Les personnages sont campés avec autorité, leur personnalité touchant à l'allégorie : la peur, le silence, la faim, la solitude, l'abandon, le bourdon... Au Hohenstein, Henry Simon atteint une haute qualité d'expression. Son regard précis de peintre de la Vendée rurale rejoint celui, plus mélancolique, plus brouillé des métèquesôe l'École de Paris : Krémègue, Soutine, Pascin... La guerre a élagué les querelles esthétiques, mis entre parenthèse les « ismes ». Extrêmement touchantes sont les visions des soldats perdus de l'Empire, Sénégalais ou Marocains, plantés dans la neige, bêtes curieuses, humiliés par leurs geôliers.

 

 

 

Au stalag IB, Henry Simon personnalise avec d'autres artistes la difficulté de peindre en captivité. Peindre pour continuer coûte que coûte son métier. Peindre pour contrer l'ennui, pour témoigner et restituer à ses compagnons des moments exceptionnels. Leur rendre de la dignité. Ce fut le cas du peintre Alfred Gaspart, ami de la Butte et d'André Salmon, qui de 1940 à 1945 dessina et écrivit son journal au stalag VIIA.

 

Des feuilles qu'il ramena du camp, esquisses et détrempes, Henry Simon composa Compagnons de silence avec son frère, à quatre mains : vingt aquarelles aux couleurs denses, habillées de vert de gris, qui synthétisent tout ce qu'ils vécurent. André composa un texte relatant l'expiation des prisonniers après la honte de la débâcle, mais aussi leur renaissance possible par la préservation à tout prix de la vie. Rien n'est plus bavard que Compagnons de silence, parce que cette vie derrière les barbelés est intolérable.

 

« Or le peintre moderne, tiré d'un atelier devenu le laboratoire de stériles recherches sur de purs problèmes picturaux, le voici grâce à Dieu, fêté dans le champ de la souffrance humaine».

 

Le musée de l'Abbaye Sainte-Croix est le premier en 1971, avec le conservateur Pierre Chaigneau, à avoir réalisé une rétrospective sur Henry Simon. En 2005, il présente les aquarelles et dessins échappés à la censure du camp, les planches originelles de Compagnons de silence ainsi que quelques documents (70 à 80 pièces au total).

 

Un livre est publié par les éditions Cénomane qui reproduit en fac-similé les planches d'Henry et le texte d'André ; le tout éclairé par deux contributions : Charles Papon pour le commentaire historique et Benoît Decron, pour la présentation artistique.

 

Le jeudi 24 novembre 2005, une sélection de récits et de romans sur les camps a été lue au musée.

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