La bourrine au cheval mauve

N° 02161 dans le recensement de l'association les Amis d'Henry Simon

1930

Gouache sur papier

50 x 65 cm

Signée en bas à droite

 

Dans les années 1930, Henry Simon aimait parcourir le marais breton vendéen, avec son chevalet et sa boîte de couleurs, afin de fixer sur le canson ou sur la toile, les scènes de la vie de tous les jours.L’Artiste s’est arrêté dans un lieu de son choix, a planté son chevalet, s’est mis au travail.Observons le tableau : sur la gauche au second plan, une bourrine, la construction traditionnelle du pays au toit de roseaux, devant elle le « tchérai » - l’enclos de la bourrine - entouré d’arbres de diverses essences : peupliers, saules, cupressus… et sur la droite, à l’horizon, dans la ligne de fuite, un petit bois de pins qui laisse penser que la mer est à deux pas.Sur la gauche au premier plan, une petite maraîchine semble recevoir le peintre avec ses nattes passant sous son bonnet blanc, sa robe à carreaux marron. Elle porte une brassée d’herbe pour la basse-cour. Pour être mieux « croquée », elle s’est assise momentanément, peut-être sur une brouette.Les poules au travail, besogneuses, recherchent avec leur bec, graines ou vers de terre. Le coq lui, tête redressée, fier comme il se doit, trône au milieu des poules et du tableau : on croit entendre son cocorico.Sur la partie droite du tableau, un merveilleux petit cheval fougueux, en semi-liberté dans la prairie jouxtant la bourrine, semble faire une entrée triomphale. Il nous rappelle « Le cheval de l’aube » du poète Pierre Menanteau :

« Un beau cheval tout bleu sort de mon rêve à l’aube ;Il porte un violon dans ses légers sabots,Il porte une alouette, un coq qui se dérobeAprès qu’il a frappé trois coups d’épée dans l’eau. »

Henry Simon, peintre de la vie, avait une connaissance parfaite de son environnement qu’il aimait tant.Le tableau qu’il nous présente est bien construit et la technique employée, l’aquarelle, parfaitement maîtrisée. Le dessin est léger, la palette riche. Grâce au blanc éclatant des murs de la bourrine au soleil, la lumière est concentrée au centre du tableau.De cette scène de la vie simple, inondée de lumière et malgré les difficultés de l’époque, il se dégage une atmosphère heureuse où il fait bon vivre.

Gaston Herbretau

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